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Les grands photographes
 
5 siècles avant notre ère , Mo Ti (Mo Tse), philosophe chinois (v. 472-v. 391 av. J.-C.) découvre que la lumière crée une image inversée
quand elle passe par un petit trou percé dans un écran. Un siècle plus tard, Aristote observe une éclipse partielle du soleil au fond d’un bol au départ
d’un faisceau de lumière entre des feuilles de platane. Ibn al-Haitham décrit correctement l’expérience vers l’an 1000.
 
En 1826, Nicéphore Niépce (1765-1833), un Français, réussit la première photographie .
Louis Jacques Daguerre (1787–1851) découvre un procédé nommé "daguerréotype"
qui permet de produire des images très détaillées mais qui ne permet pas de faire des copies.

William Henry Fox Talbot (1800-1877) trouve une solution en inventant le négatif papier (le Calotype). En 1851 apparaît le procédé au  "collodion humide ". 

La découverte de la gélatine et l'invention du celluloïd dans les années 1860 mènent à la création du premier support flexible par George Eastman, en 1884.

La photo devient rapidement accessible au grand public .

"Écrire avec la lumière": c’est ainsi que les pionniers de la photographie qualifièrent leur découverte.
Le milieu des arts et son public n'accordent pas à la photographie la même reconnaissance qu'à la peinture . 
Durant la deuxième moitié du19esiècle ,  des photographes cherchent à donner à la photographie sa vraie place dans le monde des arts.
 
Le Pictorialisme (1890-1914), mouvement international , cherche à élever la photographie au niveau de l'Art .
Les artistes expérimentent de nouvelles techniques ,utilisent de nouveaux procédés (comme filtres, écrans de pluie..) pour effacer la réalité des matières et des formes.

La photographie pictorialiste se veut subjective ,émotionnelle tamisée et unique.
Ces images "fin de siècle" vont céder la place à des images qui exposent le réel et les rapports de l'homme au monde .
L'objectivité de la straight photography (photographie pure) va dominer jusqu'au milieu du 20e siècle,  sauf quelques exceptions des mouvements d'avant-garde.
Il y a trois orientations majeures dans la photographie contemporaine : la photographie picturale, la photographie de narration
et la  photographie qui contrarie ou sublime la réalité .
 
◊ La straight photography

Alfred Stieglitz (1864-1946)
En 1902, aux Etats-Unis, des artistes d'avant-garde,avec à leur tête Alfred Stieglitz ,
forment le    groupe   Photo-Secession ;
au pictorialisme ils opposent la "straight photography".
(Terme optique, qui définit la valeur de réglage de l’objectif, qui leur donne la meilleure qualité et la plus grande profondeur de champ) .
L'image est précise , exacte, dépouillée d'artifice.
Stieglitz dit : "Je veux seulement faire une image de ce que j'ai vu ,
 
et non pas de ce que l'événement signifie pour moi ".

 

 

 

 

Paul Strand (1890-1976)                                                                                               

D'abord attiré par le pictorialisme, il s'inspire des principes de la Photo-Secession .

Paul Strand adopte un esthétisme puriste . 

Puis ses portraits vont au-delà du sujet et sollicitent la réflexion du spectateur.

 

 

Edward Weston (1886 - 1958)

En 1932, il fonde avec Ansel Adams (1902-1984) le groupe "f-64" qui devient un haut lieu de la "straight photography", mouvement qui prétend donner une vision exacte du monde.  Il écrit qu'il recherche par-dessus tout en photographie : "la représentation significative".

 

 

Ansel Adams (1902-1984)

 L’extrême netteté de ses photographies est due à l'utilisation du f/64. 

Il est à l'origine du Zone System qui permet la prévisualisation d’une photographie

et la correction de son exposition avant même sa prise. Il photographie le quotidien  

et surtout, la nature, de ses plus infimes manifestations jusqu’à

ses plus grandioses expressions (comme la Yosemite Valley).

C'est un paysagiste .

 

 

Berenice Abbott  (1898- 1991)

Elle fait ses débuts dans la photographie chez Man Ray.

Ses photographies réalistes renferment un humanisme . 

En deux mots  ce que fait la photographie c'est communiquer " dit-elle.

Irving Penn (1917-)

Photographe de mode pour le magazine Vogue, célèbre portraitiste,

il a fait aussi une vaste série d'études ethnographiques. Son style est épuré.

L'utilisation de la lumière, une composition minutieuse, caractérisent ses travaux. 

◊ Les photographes humanistes

Lewis Wickes Hine (1874-1940) 

Avec une approche sociologique de la photographie,

il fut un des premiers à utiliser la photographie comme outil documentaire. 

Il a photographié le travail des enfants aidant le NCLC dans sa lutte contre cette pratique et s'est consacré

à la photographie des travailleurs

comme ceux de la construction de l'Empire State Building .

Edward J. Steichen  (1879–1973)

Dès 1951, Steichen  sélectionna  503 photographies de 273 auteurs différents originaires

de 68 pays parmi deux millions d'envois en provenance du monde entier .

Elles composaient "The Family of Man" où Steichen voulait exprimer

les singularités de la vie humaine et les analogies

entre les divers groupes ethniques existants.

(En 2004 "The Family of Man" a été inscrite au Registre Mémoire du Monde de l'UNESCO)

 

 

 

 

August Sander (1876-1964)

Il a constitué avec ses "Hommes du 20e siècle" un fond documentaire unique

dont la grande force visuelle a marqué l'histoire de la photographie.

Eugène Atget (1857-1927)

Il photographie avec réalisme et une vision lyrique  Paris

et ses environs en proie aux transformations de l’urbanisme, 

avec l'intention de réunir une collection documentaire à destination des peintres.

Il montre l'environnement quotidien sans embellissement. 

"On se souviendra de lui comme d’un historien de l’urbanisme, d’un véritable romantique,

d’un amoureux de Paris, d’un Balzac de la caméra" a dit Bérénice Abbott

 

 

 

André Kertész (1894 -1985)

Son œuvre est chargée d'humanité. La photographie constitue pour lui une manière d’appréhender

les choses les plus anodines de la vie quotidienne pour en extraire et en restituer toute la poésie . 

 Père fondateur de la photographie humaniste en France, 

il influencera fortement Cartier-Bresson , Doisneau ou Brassaï avant d’être considéré

comme l’un des maîtres de la photographie du XXe siècle .

 

 

Brassaï (1899-1984)

Il est à la fois un reporter, un témoin , un sociologue, et un poète.

Il voulait "reconstituer le réel" et il répétait , comme Flaubert,

que la tâche de l'artiste est de "transformer l'accidentel en immuable".

S'il préfère la nuit au jour c'est parce que "la nuit suggère , elle ne montre pas".

 

 

Walker Evans (1903- 1975)

Il a fait partie du groupe de photographes américains (comme Dorothea Lange)

engagés dans le " FSA photographic project ", il a photographié la misère

dans laquelle était plongé le monde rural. 

Il a  un style documentaire et urbain. Ses photographies frontales

témoignent des faits sanssubjectivité. Mais il témoigne de respect

et de sympathie envers ceux qu'il photographie.

Dorothea Lange (1895-1965)

Dans ses images elle témoigne avec sensibilité des difficultés et des conditions de travail

dans les campagnes américaines des ouvriers agricolesmigrants. 

Elle photographie la pauvreté des gens du peuple dans leur contexte social.

 

 

 

Willy Ronis (1910-)

Photographe humaniste comme Doisneau, Cartier-Bresson

et Brassaï pour qui la photographie est  "une marche à petits pas

vers une représentation poétique du bonheur modeste".

"Je voulais montrer des tranches de vie où chacun pouvait se reconnaître, sans artifices" dit–il .

Henri Cartier-Bresson (1908-2004)

Il n'a jamais travaillé qu'au 50mm ,

 l'optique la  plus proche du regard humain,

avec lequel il traquait le "moment décisif ".

Il y a toujours chez Cartier-Bresson

une disponibilité du regard qui permet

de capter le fugitif mais contrairement

à ses confrères photojournalistes

aucune intention de démontrer ou de dénoncer.

 

Robert Doisneau (1912-1994)

Photographe humaniste, 

il a pratiqué la photographie avec intuition

en photographiant des gens simples

dans des situations ordinaires.

Il guette l'anecdote, la petite histoire.

Ses photos sont souvent empreintes

d'humour mais également de nostalgie.

William Eugene Smith (1918-1978)

Correspondant de guerre il a fait du photojournalisme mais se disait idéaliste.

 Il se sentait déchiré entre l'attitude du journaliste, qui photographie des faits,

et celle de l'artiste, qui est souvent en désaccord avec les faits.

 

 

 

 

Sam Tata (1911-) né en Chine vit au Canada

Il fait du photojournalisme. Ses photos décrivent la vie dans les rues et dans les palais de Shanghai,

 témoignent des événements qui entourent la Révolution chinoise de 1949 ou l’indépendance indienne.

Manuel Álvarez Bravo (1902- 2002)  mexicain

Témoin de son siècle, son travail est souvent politique.

Il est influencé à la fois par la culture du Mexique

et les tendances internationales telles que lesurréalisme.

Marc Riboud (1923-)

Photographe engagé et humaniste il fait du photojournalisme dans le monde entier

avec beaucoup de sensibilité.

Elliott Erwitt (1928-) américain né en France

Il a fait partie de l'agence Magnum. Il cherche à découvrir le côté ironique dans des scènes banales mais inattendues.

 
◊ Les photographes d'avant-garde
En Europe, la photographie d'avant-garde est essentiellement représentée par le mouvement surréaliste.
 Les photographes d'avant-garde réduisent l'œuvre à sa seule dimension conceptuelle.
 Cette démarche se retrouvera dans les photos mises en scène des années 70-80.
 

Man Ray (1890-1976)

Photographe plasticien, il est influencé par le surréalisme. 

Il crée des images mentales. Il invente ou réactualise

un grand nombre de techniques en photographie:

 aérographe, rayogramme (jeu de mots avec son nom),

pratique de la solarisation.

 

 

 

Arnulf Reiner (1929-)

Un des peintres actuels les plus célèbres de l'avant-garde autrichienne,

 il a beaucoup travaillé sur le corps, et particulièrement sur le visage.

Ses autoportraits photographiques sont retravaillés. 

L'image imprimée est ensuite raturée, griffée à la pointe sèche.

◊ La photographie subjective
Après la photographie humaniste , la photographie subjective apparaît dès le milieu des années 1950.
Le photographe doit chercher, au lieu d’une distance objectivante une proximité subjective,
 c’est à dire une interprétation personnelle de l’objet photographié .
(Callahan, Minor White pour les américains, Okamoto,Higuchi et Takat pour les japonais) .
 

 

 

 

 

Minor White (1908-1976)

Sa quête l'entraîne souvent vers une recherche du détail des formes

de la nature à la limite de l'abstraction.

 

 

 

Robert Franck (1924-)

Son livre "Les Américains" (1958) a changé le langage de la photo narrative. 

Le regard de Frank montre le monde sans vouloir le juger.

De nombreux photographes comme Garry Winogrand, Lee Friedlander, Robert Adams  ou  Diane Arbus documentent le désenchantement
de l’Amérique en crise et les blessures causées par l’homme au paysage.

Garry Winogrand (1928-)

Il photographie la société américaine, 

pour lui la rue est comme un théâtre où tout peut arriver.

Son oeuvre privilégie la composition , le choix de l'instant décisif

et l'émotion . Inspiré par l'œuvre de Evans, 

il ne cherche cependant pas à dénoncer

une quelconque aliénation de l'individu,

ce qui l'intéresse c'est seulement l'image.

Lee Friedlander (1934-)

Il photographie les Américains et les paysages urbains ou ruraux des Etats-Unis, 

y portant un regard tendre et ironique. Il traite des ambivalencesd’espace, 

des difficultés d’interprétation visuelle. Il incarne à la fois la modernité , 

mais aussi la grande tradition documentaire.

Diane Arbus (1923-)

Elle contribue à imposer la photographie documentaire comme un genre artistique propre

se distinguant du reportage. Elle aime photographier lesmarginaux ,

elle mène une réflexion sur l'apparence et l'identité .

Ses photographies  sont  des portraits de la société américaine.

Robert Adams (1937-)

Il photographie des sites naturels étouffés par le développement urbain, 

des espaces en proie à la disparition.

Adams propose une interprétation mélancolique du mythe

de la conquête de l’Ouest sans pour autant perpétuer

la vision grandiloquente des photographes du début du siècle.

Mary Ellen Mark (1940-)

C'est l’une des meilleures représentantes de la photographie documentaire. 

Travaillant principalement en noir et blanc, elle a pour thèmes de prédilection les exclus de la société.

Rien de ce qui est constitutif de la misère, des marges auxquelles sont acculés certains peuples, ne lui échappe.

Helen Lewitt (1913)

Photographe des rues de New York des années 40, Helen Lewitt s’inscrit pleinement

dans la mouvance de la Street Photography où la rue est le cadre mais ses habitants en sont le sujet.

Ses photos spontanées n’ont pas de cadres composés.

 

Joel Meyrowitz (1938- )

Il se voit comme un "photographe de rue" (Street photography),

il développe un style dans la tradition de "l'instant décisif " d'Henri Cartier-Bresson ,

  de Garry Winogrand ou de la vision poétique d'un Robert Frank .

Il travaille exclusivement en couleur . 

Il est l'unique photographe à avoir obtenu l'accès au site de Ground Zero.

 

 

 

René Burri (1933) suisse

Témoin de tous les grands évènements de l'époque ,

 il veut restituer sa propre vision du monde. 

Ses cadrages audacieux des perspectives des mégalopoles

et son utilisation de la lumière permettent d’architecturer l’image .

Sebastião Salgado (1944-)

Pour lui la photographie a aussi une portée politique et sociale. 

L'homme, ses guerres, ses douleurs, ses labeurs,

figurent depuis trente ans au cœur de son œuvre.

Il s'intéresse en plus à la nature, elle aussi en péril.

Ses fresques photographiques rendent compte de la complexité de situations dans le monde. 

Il veut réconcilier esthétisme  information et engagement.

Dès la fin des années 60,la photographie commence à jouer un rôle essentiel,en permettant de documenter et d’archiver des évènements qui ont une réalité éphémère.
 La photographie manipulée
La photographie manipulée apparaît dans la seconde moitié des années 70 aux Etats-Unis et en Europe.
La photographie contemporaine devient expression d'une fiction où le fantasme devient réalité . 
 Il y a retour à l'imaginaire, à la mise en scène, aux mythologies personnelles, à la théatralité, la photographie est miroir ou témoigne d’une neutralité distante.
Cette photographie présente différents expressions : de l'outrance baroque de Samara, des sculptures vivantes de Gilbert et George aux compositions
de Cindy Sherman ou aux paraboles de Duane Michals.

 

 

 

Duane Michals (1932-)

L'art de Duane Michals réside dans sa capacité à donner un aspect visuel

à des notions abstraites : le temps, les rêves, l'absence, la mémoire.

Il fait des photographies mises en scène.

 "L'important n'est pas l'apparence des choses mais leur nature philosophique" écrit-il.

Jerry N. Uelsmann (1934-) 

Ses montages photographiques (sans travail informatique)

déforment la réalité en juxtaposant des scènes ou des objets reconnaissables

mais n’ayant apparemment aucune relation entre eux

Lucas Samaras (1936-1980)

Photographie mise en scène, photographies de la déformation, autoportraits fictionnels.

Joel Peter Witkin (1939-)

Ses œuvres mettent en scène des "phénomènes humains "

souvent monstrueux dans des compositions somptueuses . 

Ses photos font scandale. 

Il se définit lui-même comme le poète sombre de la photographie.

◊ L’hyperréalisme

 

 

Bernard et Hilla Becher (1931/1934-)

Souvent apparentés à l’art conceptuel, ils photographient de manière systématique

de grandes séries typologiques,des vestiges de bâtiments industriels,

silos à grains, hauts fourneaux, usines de traitement .

Leur photographie est objective documentaire au style dépouillé et austère.

Gerhard Richter (1932-)

Ce qui l'intéresse c'est le modèle photographique et ses codes, l'instantané, le flou, métaphore visuelle du doute

qu'entretient le peintre sur l'image de la réalité . Ses images neutres, anonymes sont à la lisière de l'abstraction et de la figuration.

Il est à la fois photographe du quotidien et peintreabstrait.

William Eggleston (1939-)

Il est considéré comme l'un des premiers à avoir su utiliser

la photographie couleur à des fins artistiques. 

Il fait des images presque banales , 

mais remplies d'une poésie du vide et de la mélancolie .

Thomas Ruff et Andreas Gursky explorent les limites du réalisme .

 

 

Thomas Ruff (1958-) allemand

Il utilise un format monumental et traite le portrait de manière documentaire

et objective d'un point de vue frontal , sans ombre et sans aucune émotion exprimée.

Ses photographies donnent l’impression de froideur et de distance .

Lewis Baltz (1945-)

Avec une approche photographique critique du paysage culturel américain, 

il photographie les résidus de la société industrielle,

puis la technologie comme instrument du contrôle social,

il rend compte de nos sociétés modernes, dont l'ordre apparent dissimule le chaos.

Lewis Baltz utilise des supports multiples 

( tirages en noir et blanc, films couleur sur panneaux lumineux, CD Rom ou bandes vidéos..)

Stephen shore (1947-)

Il mène des projets conceptuels comme des images trouvées,

des images confisquées par la police, des images publicitaires et des cartes postales.

Il photographie l’ordinaire, son quotidien et les paysages trouvés sur le chemin d’errance,

des coins de rue, des parkings, des maisons sans charme,

des stations service, des chambres d’hôtel.

Très souvent dans ces paysages l’homme est absent.

Il est précurseur de l’utilisation de la couleur en dehors d’un studio. 

 

 

Andreas Gursky (1955-)

Il nous donne à voir des lieux impossibles qui correspondent davantage au monde

tel qu'on le perçoit qu'au monde tel qu'en lui-même.

 L'univers deGursky est à la fois fonctionnel , impersonnel et standardisé.

 

 

 

Jeff Wall (1946- ) canadien

Pour Wall, la photographie couleur peut aussi être œuvre picturale

mais elle s'inscrit dans notre monde moderne.

Il construit ses oeuvres par séries, chaque fois selon une forme différente,

autour du banal, de l'ordinaire, du quotidien.

 

Jean-Marc Bustamante (1952-)

Son art est conceptuel. Bustamante cherche à représenter de façon neutre

plutôt que de reproduire. Ses photographies couleur,

de grand format sont principalement des paysages, 

des images de sites sans qualités particulières, à la lisière des villes,

comme des tableaux photographiques en  séries.

Plus tard il associe la photographie à la sculpture sous forme d’installations.

Patrick Faigenbaum (1954-)

Peintre de formation, c’est un portraitiste mais il photographie aussi les villes.

Ses photographies urbaines ont parfois une dimension documentaire.

 

 

 

 

Joel Sternfeld (1944- )

Sa photographie est sociale ou philosophique . 

Ses paysages traitent des relations de l'homme à son environnement.

Le mouvement international de la photographie narrative (1974 à 1979) présente des thèmes de la vie quotidienne parfois personnels,
les photographies sont accompagnées de textes-légendes, la photographie sert de mémoire ou d'instrument critique.
 
 La photographie plasticienne
 
La photographie plasticienne fait officiellement son apparition dans le courant des années 80.
Beaucoup de photographes européens et américains utilisent des situations réelles pour créer des compositions subjectives où intervient une histoire personnelle. 
C'est une photographie de fictions ou  de mises en scène théâtrale avec un décor d’objets et accessoires chinés ou spécialement fabriqués pour l’occasion.
Leurs photos sont souvent repeintes. La photographie mise en scène crée l'illusion du réel.
 

 

Anna et Bernhard Blume (1937-)

Anna et Bernhard Blume se réclament ouvertement

de la photographie subjective. 

Ils font se rejoindre métaphysique

et vie domestique dans un univers en proie au vertige et au chaos.

Les Krims (1943-)

C’est un précurseur de la mise en scène photographique.

 Par ses images surprenantes d'un humour sombre et corrosif, 

Krims s'attaque aux clichés et aux stéréotypes du rêve américain.

Il caricature aussi le reportage en associant images et textes contradictoires.

 

 

 

Barbara Kruger (1945-)

Elle utilise des collages modifie des images photographiques déjà existantes,

 les accompagne de messages personnels politiques ou sociaux et fait se poser des questions au spectateur.

Annette Messager (1943-)

Son travail s'inscrit dans le courant dit des "mythologies individuelles" qui marque un regain d'intérêt pour l'autobiographie et la narration. 
A partir de matériaux très différents elle construit des œuvres qui font appel à notre mémoire , 
à notre imaginaire le plus enfoui et à notre inconscient. "Je suis la truqueuse, la truqueuse des photos repeintes,
des agrandissements déformés, des surimpressions de clichés, des gros plans troubles,
des carambolages d'images , des lentilles déformantes" dit-elle.

Christian Boltanski (1944-)

Ses œuvres montrent une mythologie individuelle . 

 Il se fait le narrateur précis des disparitions et sacrifices

où il explore le rôle de la mémoire et la perte de l'identité

dans la disparition et l'oubli . 

Il s'intéresse aux inventaires.

 Il crée des "installations" de photos.

 

Cindy Sherman (1954-)

Elle interroge les effets de la multiplication des images, due aux mass- media,

sur notre interprétation du réel et nos comportements.

Elle soulève d'importantes questions sur le rôle et la représentation de la femme dans la société. 

Elle évolue dans une esthétique du burlesque parodique et une critique sociale incisive.

 

Sophie Calle (1953-)

Pour Calle la photographie ne représente qu’un des éléments visuels de son projet. 

Elle traite la question de l'identité , décalage entre la conscience de soi et l'image que l'autre s'en fait.

Ce dédain pour la technique se manifeste aussi par l’utilisation d’appareils autofocus et surtout, 

de la pellicule couleur qui renvoie à une pratique grand public .

 

Suzanne Lafont (1949-)

Elle pratique un art philosophique explorant différents aspects de la représentation , 

non pour "cataloguer le monde " mais selon ses termes, pour  trouver une " nouvelle relation avec le monde".

Jean Baudrillard (1929-2007)

Philosophe sociologue, il cherche à résister au déchaînement de la communication

et de l’information par le secret de la photo , résisté par-dessus tout au déferlement automatique des images.

"Il faut soustraire, toujours soustraire pour retrouver l’image à l’état pur.

La soustraction fait apparaître l’essentiel, à savoir que l’image est plus importante que ce dont elle parle,

tout comme le langage est plus important que ce qu’il signifie" dit-il.  

John Baldessari (1931-)

Il appartient au mouvement artistique conceptuel. 

La photographie n'est pour lui qu'un médium parmi d'autres

qu'il utilise surtout dans le cadre dephotomontages . 

Son œuvre comprend une juxtaposition ironique de textes ou images. 

Il hausse l’imagerie populaire au rang d’œuvre.

Au début du 21e siècle,  la fascination de la banalité s’impose avec Martin Parr ou Nan Goldin.

 

 

Nan Goldin (1953-)

Elle pratique une photographie narrative souvent autobiographique. 

Chez elle, l'acte photographique se concentre sur le détournement de lalittéralité.

Martin Parr (1952-) anglais

Il mène un projet depuis des années autour du thème de la prospérité occidentale

et donne une vision ironique de la classe moyenne occidentale etpavillonnaire. 

Sa photographie documentaire décrit par exemple le tourisme et les habitudes culinaires, 

le rapport à l’argent ou les goûts en décoration. Du banal surgit un regard analytique, 

quasi-sociologique sans jugement mais avec tendresse et humour .

Thomas Struth (1954-)

Thomas Struth est considéré aujourd’hui comme une des figures majeures

de la photographie en Allemagne . 

Les photographies de Thomas Struth,sans présence humaine montrent un monde

qui semble en passe de devenir définitivement urbain.

Pour lui, une image, qu'elle soit peinte ou photographiée, est avant tout une manière

de penser le monde. Ces dernières années, Thomas Struth a abordé de nouveaux thèmes

comme le paysage, les fleurs. Par ailleurs, il a développé une réflexion

sur les lieux de présentation des oeuvres d’art, comme des églises ou des musées

et les rituels modernes que constitue la relation du public à ces lieux

et aux oeuvres qu’ils renferment.

Patrick Tosani (1954-)

Figure majeure d’une photographie tour à tour qualifiée de plasticienne ou de néo-objective, 

il agrandit démesurément les éléments photographiés, et isole des détails .

Par ses photographies, il fixe la réalité et interroge ce que l'apparence extérieure contient et ce qu'elle révèle .

 

The Starn Twins (1961-)

Les jumeaux Mike et Doug Starn font leurs photomontages en agrandissant les négatifs rayés des images, 

en trafiquant les filtres de couleur, et éclaboussant des produits chimiques sur le travail final.

 

 

Gottfried Helnwein (1948-)

La représentation de l'enfant demeure le sujet central de son travail. Depuis les années 90,

 il se concentre de plus en plus sur la photographie digitale et les installations grand format en espace public,

ayant pour la plupart un propos socio-politique .

 

Shana et Robert ParkeHarrison (1968-)

Ils illustrent les rêves humains de grandeur, pouvoir, domination de la nature et de l’environnement

et explore les effets de la destruction par les humains. Ils créent un monde mythique métaphorique

et poétique . "Notre processus de création tente bien souvent de faire une réplique

de ce qui se passe dans les rêves" .

Gabriel Orozco (1962-)

Il est difficile de saisir la frontière entre le naturel et l’artificiel

dans les photographies de Gabriel Orozco . Il photographie toutes sortes de situations du quotidien , 

où les objets fonctionnent tous comme des sculptures faites à partir de banalités quotidiennes.

Les photographies de Gabriel Orozco sont à la fois des documentations

de ses interventions sculpturales/architecturales éphémères dans l’espace public, 

mais aussi des oeuvres à part entière .

 
Sherry Levine (1947-) et Richard Prince (1949-) consacrés par la critique comme les artistes des années 80, 
ils re-photographient les photographies qu'ils empruntent  (comme les photographies de Walker Evans que Levine intitule "D’après Walker Evans"). 
Ils remettent en cause le concept d'origine et donc la notion d'originalité et ramène l'objet d'art au niveau de seul objet. Nombreux considèrent cela comme une imposture .
 

 

 

Shirin Neshat (1957-) Iranienne vivant à New York

Son œuvre traite de la dimension sociale, politique et psychologique de l'expérience des femmes

dans les sociétés islamiques actuelles. Ellephotographie des femmes recouvertes de calligraphies .

 Shirin Neshat souhaite rester à distance de tout discours partisan et ne veut que poser lesquestions .

 

 

Jules Spinatsch (1964-)

Il questionne la représentation du pouvoir dans l’image . 

Il crée par exemple de grandes photos panoramiques composées de 2000 à 3000 imagessimples.

 Il photographie les préparations de sécurité entourant plusieurs événements politiques internationaux .

Julia Fullerton Batten (1970)

Elle détourne les codes de la photographie publicitaire et crée un univers perturbant décalé.

Mattew  Pillsbury  (1973-)

Dans les images de Matthew Pillsbury,

 les être humains ne sont que des ombres qui passent.

 Pillsbury utilise une grande chambre photographique

qu'il place dans un décor ordinaire de la vie urbaine

où seuls s'inscrivent les objets immobiles (dû au long temps de pose).

Loretta Lux (1969-) allemande

Ses portraits d'enfants aux vêtements d'une autre époque, aux tons généralement pastels

et sur fond neutre inquiètent par leur froideur .

Les photographies de Lux appartiennent à  l'objectivité de l'école allemande. Elles sont retouchés numériquement.

David Fokos (1960-)

Il utilise de longues expositions pour ses paysages en noir et blanc minimalistes

qui donne une impression de sérénité et d'harmonie.

 

Peter Menzel 

Il photographie un même thème dans différents pays comme des familles avec les provisions

qu'elles consommeraient en une semaine, ou des familles  posant devant leur habitat avec l'essentiel de leurs objets quotidiens .

 

Les artistes contemporains sont finalement inclassables et utilisent indifféremment photographie traditionnelle, images digitales ou vidéo.
Ils transforment les formes de la narration et abolissent les limites entre réalité naturelle ou artificielle objective ou subjective.
 
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