Pentax K-5

En matière de reflex, Pentax est un des rares constructeurs issus de l'époque argentique à avoir survécu dans l'univers féroce du numérique. Les autres étant Canon, Nikon, et plus difficilement Olympus et Fujifilm. La patte de Pentax ? Pour cette gamme, qui s'inscrit dans la lignée des K10D, K20D et K-7, les deux éléments clé sont la superbe finition des boîtierset la stabilisation du capteur. Le K-5 propose un remède drastique aux hautes sensibilités en grimpant à 51 200 ISO !


Le Pentax K-5 : Prise en main et ergonomie : Pentax a mis ses boîtiers à la diète depuis les K10 et K20D.

Le K-5 n'échappe pas à cette tendance et affiche un gabarit visiblement plus compact que ses concurrents.

La différence est particulièrement visible sur la hauteur du boîtier, et cela se répercute directement sur la poignée.

 

Tenue du K-5 (avec des petites mains…)

Pour équilibrer la prise en main, Pentax a taillé un important décrochage sur la partie haute de la poignée, de sorte à soutenir en partie le poids du boîtier sur le majeur. On trouve la morphologie étrange quand on n'est pas habitué, mais le confort vient vite. D'autant que les deux molettes de réglages, et globalement l'ensemble des boutons, sont bien disposés. On pense entre autres à la touche ISO, placé sur le dessus non loin du déclencheur…


Décrochage ergonomique au niveau de la poignée avec la molette avant et molette arrière

On retrouve sinon sur le flanc gauche le loquet des modes autofocus, la touche RAW Fx (accès rapide à l'enregistrement brut), la prise synchro flash et la commande dédiée au flash intégré. Et juste au-dessus le sélecteur de modes cranté, serti à la base d'un anneau réglant la mesure d'exposition.


Boutons situés sur le flanc gauche du boîtier et sélecteur de modes


Pour ce qui est de la finition, Pentax reste fidèle à sa politique. Le K-5 a donc bénéficié d'un soin dont seuls les modèles plus haut de gamme bénéficient normalement. Châssis en acier inoxydable, mais coque intégralement en alliage de magnésium, 77 joints d'étanchéité pour une tropicalisation poussée (résistance à une pluie fine et aux poussières) et viseur à pentaprisme couvrant 100 % du capteur. L'obturateur est garantit pour au minimum 100 000 déclenchements…


Tout est dans le visuel…


Du côté des branchements, le boîtier se montre plutôt généreux : micro USB, A/V (même câble que l'USB), mini HDMI, entrée micro stéréo (jack 3,5 mm), télécommande et synchro flash. Toutes les trappes sont étanches.


Connectique du K-5 et trappe étanche du logement batterie


Côté logiciel, rien n'a changé. L'interaction rapide se fait soit via l'écran de contrôle sur le dessus de l'appareil, soit via l'interface du LCD de 3 pouces en pressant la touche info. Les puristes de l'écran de contrôle risquent d'être déçus de la non-complétude des informations affichées et des réglages accessibles (pas de balance des blancs ou de flash par exemple). Mais ceux qui préfèrent utiliser l'écran principal trouveront alors deux menus qui répertorient la totalité des réglages disponibles, modifiables facilement à l'aide des molettes.


Ecran de contrôle et interface sur le LCD principal


Les menus ont le mérite d'être bien organisés. On apprécie entre autres le fait qu'il n'y ait pas de défilement vertical interminable : chaque catégorie est déployée à l'horizontale en onglets numérotés, sur chaque page tout est donc affiché à l'écran. Ce découpage favorise la mémorisation et facilite ainsi la navigation.


Menus prise de vue et réglages

Menu personnalisation en vue éclatée


Performances : réactivité et objectif : Un boîtier nerveux !

A l'instar des reflex de cette trempe, le K-5 s'allume quasi instantanément. Le nettoyage de capteur, qui se fait par défaut au démarrage, n'est pas réellement perceptible. La latence au déclenchement atteint 0,05 s en moyenne : ça reste insignifiant... Pour le reste, le K-5 affiche des chronos tout à fait flatteurs. L'autofocus très nerveux prend entre 0,15 et 0,65 s pour faire le point, selon l'angle et la correction de mise au point à opérer. Cela même avec une optique non motorisée (le bruit de la transmission mécanique est dément par contre) ! En détection de contraste, le K-5 se montre également plus véloce que le D7000, avec une mise au point qui prend entre 1,3 et 1,6 s (mais plus de 2 s si l'appareil patine…).


Mesures exprimées en secondes : la plus petite est la meilleure

Nouveau module SAFOX IX+ calculant la mise au point sur 11 collimateurs : opter pour le collimateur central reste le mode AF la solution la plus fiable.

Le K-5 se rattrape sur la rafale, où il capture 25 images Jpeg (qualité max) en 3,7 s, soit une cadence de 6,8 im/s ! Le passage au RAW réduit le nombre de vues à 22 acquises en 3,5 s, soit une cadence de 6,2 im/s. Notez que l'écriture sur carte immobilise le boîtier un peu plus longtemps.



Qualité d'image et hautes sensibilités

Le K-5 utilise un capteur CMOS de 16,3 Mpix, si proche de celui du Nikon D7000 qu'on peut vraisemblablement penser que c'est le même (fabrication Sony). Le CMOS associé au processeur de traitement d'image Prime II permet à Pentax d'annoncer une plage de sensibilité allant de 80 à 51 200 ISO, en résolution native s'il vous plait ! Si si, vous avez bien lu : 51 200 ISO ! Verdict ? C'est tout aussi excellent qu'avec le D7000, avec une approche légèrement différente toutefois. Pentax va enfin pouvoir s'affirmer comme un constructeur qui gère les hautes sensibilités, aptitude qui jusqu'à là n'était pas évidente. Entre 80 et 800 ISO, on ne perçoit aucune montée en bruit suffisante pour être notée, c'est superbe. A 1 600 ISO, une très légère granulation apparait, plus subtil encore qu'avec le D7000. Mieux ? De prime abord oui. Mais elle s'accompagne également d'un certain adoucissement des textures.

Cette tendance se confirme à 3 200 ISO, où les deux appareils prennent manifestement des voies différentes. Là où le D7000 mise sur les détails, le K-5 parie sur la propreté. Le premier laisse donc apparaître du bruit, le second sacrifie davantage la netteté. Le K-5 trouve un compromis très intéressant. Idem à 6 400 ISO, où les clichés sont encore parfaitement exploitables pour du tirage A4 ou du visionnage sur écran.


Les choses se compliquent quand on passe aux sensibilités à cinq chiffres. En effet, les textures se mettent à moutonner sévèrement. L'image reste propre car très lissée, mais il faut la regarder de loin, et encore le rendu flou demeure. À 12 800 ISO passe encore. Mais 25 600 et 51 200 ISO ne sont guère utilisables. Pentax mérite quoi qu'il en soit des applaudissements !

En matière de réduction du bruit, le boîtier propose cinq réglages : auto, arrêt, faible, moyenne, forte et personnalisée. Ce dernier, particulièrement intéressant, permet de déterminer quelle puissance on veut donner à la réduction pour chaque valeur d'ISO ! De quoi paramétrer le K-5 à son goût.

Menu de réduction du bruit et réduction personnalisée


Reste l'option du RAW qu'on traitera avec le logiciel fourni Pentax Digital Camera Utility 4 (développé par Silkypix). Il propose un réglage assez fin sur trois sortes de bruits, mais ne fait malheureusement pas de corrélation entre le paramétrage de correction choisi depuis le boîtier et les valeurs proposées dans le logiciel.

Pentax Digital Camera Utility


Mais encore ?

Les autres facettes de l'imagerie du K-5 sont toutes aussi qualitatives. Pentax propose quantité de réglages d'image et de critères personnalisables : saturation, teinte, luminosité, contraste, hautes lumières, ombres et netteté (normale, affinée ou optimale). Le mode monochrome propose aussi tout une gamme de réglages (filtres, virages, contraste…). Pléthore de possibilités à essayer : c'est presque un peu trop... De base, la colorimétrie se montre très réaliste, mais les images manquent un peu de netteté.

Menu de réglages d'image


Le menu dédié à la balance des blancs est également exhaustif. Il propose en effet quatre préréglages pour lumière fluorescente, trois modes de mesure et trois entrées en Kelvin. Le tout pouvant être affiné sur un double axe vert/magenta et bleu/ambre. Le point positif, c'est que l'appareil affiche la dernière vue prise en arrière-plan et s'en sert pour donner en temps réel un aperçu du réglage de balance. La mesure du K-5 est assez proche de celle du D7000 et globalement fiable.

Balance des blancs


 

Côté mesure de lumière, le K-5 se montre plus régulier et équilibré que le D7000. Par de surexposition ici mais plutôt une très légère sous-exposition, ce qui reste toujours moins grave. On notera par contre que le flash intégré est légèrement moins puissant (malgré le nombre guide annoncé supérieur) et plus lent à se recycler.


A gauche le Jpeg sousexposé, à droite le RAW avec exposition corrigée


Fonctionnalités et vidéo

Le K-5 propose plus de fonctionnalités que le D7000. On retrouve bien sûr les basiques : surimpression, intervallomètre, l'édition part, et le débouchage des ombres sur trois niveaux d'autre part. La seconde étant plus efficace que la première, en toute logique.

Le K-5 propose par ailleurs un mode HDR, qu'on peut paramétrer sur trois crans (ou mettre en auto). Attention, il s'agit là de vraie HDR qui assemble trois vues plus ou moins bracketées : une prise sera donc plus lente que les autres, et il faudra veiller à ne pas bouger entre les captures. On n'a pour l'instant pas trouvé mieux que la solution du NEX-5 de Sony pour opérer à main levée.

Autres possibilités à paramétrer à la prise de vue : les filtres numériques (des effets créatifs comme le fisheye, le noir et blanc sélectif, le flou artistique…) et le traitement croisé. Ce dernier consiste à reproduire le rendu qu'on obtenait en argentique en croisant films et chimies. Exemples en image…

Trois exemples de traitements croisés


VIDEO: La qualité d'acquisition en 1 080p à 25 im/s est excellente avec un encodage en Motion Jpeg à 70 Mbps en moyenne!



Conclusion

 



Les Plus

Les moins